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s’en apercevoir pour la première fois, alors qu’on n’a plus recours contre le vendeur.

Cette manœuvre a du reste lieu pour d’autres vices rédhibitoires ou non, malgré des garanties conformes et bien établies.

Ruses de la part de l’acheteur. — Il y a peu de temps, nous avons été témoin d’une ruse de la part de l’acheteur, ruse que nous n’avons trouvé mentionnée dans aucun ouvrage : un client de notre père acheta à cent kilomètres de chez lui un cheval âgé de deux ans et demi : les pinces supérieures malgré ce jeune âge étaient fortement usées par le tic, mais il ne s’en aperçut pas, le vendeur lui ayant montré les incisives inférieures de l’animal, attaché sans crèche ni râtelier. Le cheval ne fut pas plus tôt au râtelier de son nouveau domicile que le vice fut constaté. Les dents usées branlaient déjà poussées par les remplaçantes ; que fait l’acquéreur pour lutter de ruse et victorieusement contre le vendeur ? Il devance la nature en arrachant les pinces usées. Dès lors plus de trace, donc il demande résiliation du marché ; le vendeur qui d’abord se prévalait de l’usure se rend sur sommation, et l’affaire s’arrangea moyennant réduction de prix… à voleur voleur et demi.

Dans le nouveau projet de loi du Code Rural, ce vice est porté pour la rédhibition, qu’il y ait ou non usure des dents. Ce serait en effet le seul moyen d’éviter toute difficulté puisque le cas est considéré comme aussi grave avec ou sans usure.

Les seules ruses qui subsisteraient seraient pratiquées par l’acheteur, mais il faudrait alors surtout se métier de l’entente du marchand avec ceux chargés de la surveillance des animaux.