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préface de la deuxième édition

thène, « à la tête des événements, comme un général à la tête de ses troupes »…

Une parole antique, où la vérité ramenée à ses éléments simples et généraux peut atteindre à ce maximum de lucidité, devient tout à fait efficace[1] ; sa diffusion est un bienfait public. On eût simplement désiré que le malheureux Démosthène fût associé par MM. Tardieu et Pinon à l’épiphanie de son formulaire ; une mention modeste, signée d’un de ces grands publicistes républicains, aurait causé sans doute un plaisir obscur à ses mânes.

Le précieux concours donné par M. Anatole France, Démosthène et les autres collaborateurs de Kiel et Tanger, ne se limita point à une information générale de l’esprit public non plus qu’à des utilisations de détail. Le service fut plus direct et plus actif encore. Munis de notre table sommaire des événements qui avaient commandé toute cette crise, les royalistes se trouvèrent en mesure d’interpréter jour par jour chaque fait nouveau sur-

  1. Cette rapidité avec Jaquelle la pensée de Démosthène a été comprise, assimilée, exportés dans le flot de la circulation, comporte quelques leçons : et, d’abord, que les Français de 1911 n’étaient pas aussi barbares qu’on le prétend ; ensuite que la sage antiquité a prévu bien des choses que nous croyions d’hier, sa fréquentation, même intermittente, n’est donc pas sans fruit ; troisièmement, que, la démocratie étant ainsi toujours pareille à elle-même, à Athènes comme à Paris et à Varsovie, les républicains athéniens se conduisant devant Philippe comme les républicains français devant Guillaume II, il n’y a qu’un moyen d’améliorer la démocratie : la détruire.