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essai loyal d’une réforme

également incapable de riposter avec choix ou d’attaquer avec intelligence et qu’au lieu de se protéger par des feintes, elle se jetât imprudemment sur le fer ennemi. L’antique métaphore venue de la lutte à mains plates cédait à des images tirées du jeu des salles d’armes, mais la pensée était la même, la haute inspiration reconnaissable, et d’ailleurs suggérée par l’analogie des époques et des régimes. Il reste trace de cet état d’esprit dans le recueil des articles publiés à cette date par le principal porte-parole du gouvernement républicain dans la presse, l’auteur du Mystère d’Agadir, M. André Tardieu. Un de ses admirateurs et ami zélé, M. René Pinon, du Temps, analysant ce précieux recueil, a pu écrire avec justesse :

« Il y a, dans le Mystère d’Agadir, une phrase qui revient à plusieurs reprises et qui en est comme le leitmotiv : — Au lieu de mener les événements, « la diplomatie française se laissa mener par eux. « (En note : pp. 446, 451.) » C’est, condensée en une formule, la grande faiblesse de notre politique extérieure : on dirait qu’elle n’ose pas ou qu’elle ne sait pas prendre des initiatives… L’art de la politique ne consiste pas seulement à parer les coups et à faire face aux difficultés qui surgissent : il consiste surtout à prévoir et à préparer de loin des solutions que l’avenir mûrira. »[1]

À marcher », disait énergiquement Démos-

  1. Temps du 6 juillet 1912.