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Page:Maupertuis - Accord de différentes loix de la Nature.djvu/2

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petites parties de la matière, & qui nous fait découvrir des objets dont la vûe paroiſſoit interdite aux hommes.

Les loix que ſuit la lumière lorſqu’elle se meut dans un milieu uniforme, ou qu’elle rencontre des corps qu’elle ne ſçauroit pénétrer, étoient connues des Anciens: celle qui marque la route qu’elle ſuit, lorsqu’elle passe d’un milieu dans un autre, n’est connue que depuis le ſiècle passé; Snellius la découvrit, Deſcartes entreprit de l’expliquer, Fermat attaqua ſon explication. Depuis ce temps cette matière a été l’objet des recherches des plus grands Géomètres, ſans que juſqu’ici l’on ſoit parvenu à accorder cette loi avec une autre que la Nature doit ſuivre encore plus inviolablement.

Voici les loix que ſuit la lumière.

La première eſt que dans un milieu uniforme elle ſe meut en ligne droite.

La ſeconde que lorſque la lumière rencontre un corps qu’elle ne peut pénétrer, elle eſt réfléchie, & l’angle de ſa réflexion eſt égal à l’angle de ſon incidence, c’est-à-dire qu’après ſa réflexion elle fait avec la ſurface du corps un angle égal à celui sous lequel elle l’avoit rencontré.

La troiſième est que lorſque la lumière paſſe d’un milieu diaphane dans un autre, ſa route, après la rencontre du nouveau milieu, fait un angle avec celle qu’elle tenoit dans le premier, & le ſinus de l’angle de réfraction est toûjours dans le même rapport au ſinus de l’angle d’incidence. Si, par exemple, un rayon de lumière paſſant de l’air dans l’eau s’eſt briſé de manière que le ſinus de l’angle de ſa réfraction ſoit les trois quarts du ſinus de ſon angle d'incidence, ſous quelqu’autre obliquité qu’il rencontre la ſurface de l’eau, le ſinus de ſa réfraction ſera toûjours les trois quarts du ſinus de ſa nouvelle incidence.

Le première de ces loix eſt commune à la lumière & à tous les corps, ils ſe meuvent en ligne droite, à moins que quelque force étrangère ne les en détourne.

La ſeconde eſt encore la même que ſuit une balle élaſtique lancée contre une ſurface inébranlable. La Méchanique