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Quant à vous, mes frères, qui remplissez avec dignité le sacerdoce de dire chaque jour vos pensées à la foule crédule qui vous lit continuez à célébrer, tous les matins et tous les soirs, en style fleuri, l’envoyé charmant du Bey. Étudiez ses gestes ; écoutez sa voix musicale, suivez ses pas, apprenez ses goûts, dépeignez-nous tout cela avec enthousiasme ; soyez présents à son lever, à ses repas, à son coucher ! On avait affirmé dernièrement que son ignorance était tout orientale et princière, et que la Cuisinière pratique constituait le seul ouvrage européen qu’il eût lu. Démentez, mes frères, démentez ! S’il achète le Bon Jardinier de Vilmorin pour cultiver les œillets du Bey, racontez qu’il s’est enseveli sous des traités de Haute Agriculture.