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mour, l’appétit, la rage du style. Et style n’est pas le mot qu’il faudrait employer. La langue ne fournit pas de terme pour exprimer cette idée de l’harmonie littéraire, de cette concordance des mots avec les choses, qui est l’art.

La femme s’efforce souvent d’exprimer ses rêveries ; sans avoir jamais été atteinte par la fièvre de l’adjectif, par la grande passion du verbe. Elle écrit naïvement, souvent très bien, sans recherche, avec aisance. On peut classer en deux camps les femmes-auteurs :

1o Celles qui ont un tempérament d’écrivain ;

2o Celles qui ont de la grâce et de l’esprit.

Je veux citer quelques-unes de celles dont on parle le plus.