Page:Maupassant - L’Exil, paru dans Le Gaulois, 8 février 1883.djvu/10

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Le soleil s’abaissait à l’horizon, prêt à plonger dans les flots ; et les deux êtres immobiles semblaient contempler l’astre couchant. J’approchai à grands pas, prenant ces hommes pour des moines en extase devant cette fin superbe du jour.

Tout à coup, comme le globe éclatant touchait à l’eau, ils levèrent les bras dans un mouvement grave et magnifique, puis ils les abaissèrent, courbant la tête, courbant l’échine, comme pour saluer le soleil ; et brusquement, ils se prosternèrent, le front par terre, la poitrine par terre, les jambes repliées sous eux.

Et quand je passai tout près je reconnus des Arabes ; c’étaient deux chefs de grande