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On n’y gagnera même pas un bon officier, car les bons officiers sont ceux qui, se sentant la vocation militaire, ont choisi spontanément la carrière des armes.

C’est ce qu’on appelle du patriotisme bien compris et de l’égalité bien entendue.

Des princes qu’on nommait les Médicis, et dont le nom est encore entouré d’une certaine gloire, ont eu jadis une manière de voir et de gouverner toute différente de celle que nous appliquent nos députés.

Ils ont pensé, ces naïfs, qu’un peuple était surtout grand par les arts, grand par ses grands hommes, grand par toutes les manifestations du talent et du génie. L’égalité ne les inquiétait guère ! Ils n’auraient point confondu Michel-Ange avec le fusilier Pitou. Ils n’auraient pas invité le sieur Raphaël, exerçant la profession de peintre, à perdre trois ans de ses travaux, afin d’apprendre à marcher en ligne et à astiquer des boutons de cuivre pour la plus grande gloire et le plus grand bien de sa patrie.