Page:Maupassant - En lisant, paru dans Le Gaulois, 9 mars 1882.djvu/15

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Mais pourquoi donc ce subtil conteur qu’est René Maizeroy, ce maniériste si souple, ce précieux désarticulateur de mots, ce sensitif qui paraît fait surtout pour dire les péchés délicats des chères adorées dans les boudoirs, dont l’air semble épaissi par des saveurs d’amour, veut-il aussi, de sa plume, qu’on disait parfumée, nous tracer de simples et brutales histoires de paysans ? Ce sont des bergers Watteau qu’il nous fait, et qui parlent trop sa langue maladivement énervée. Ses paysans fleurent l’églogue ; et toute la grâce de ses phrases exquisement contournées ne nous donne pas le rude coup de poing qu’il faut, la nette sensation du drame champêtre et violent, de cette Margot, brûlant la maison du père et tout le village natal, afin de pouvoir rejoindre son amant.

guy de maupassant