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Une lettre aussi catégorique a lieu de surprendre quand on a lu ce roman de Ludine qui est, à beaucoup de points de vue, particulièrement intéressant. Intéressant par ses défauts même, autant que par ses qualités.

M. Francis Poictevin est atteint d’un mal étrange et presque inguérissable : la maladie du mot. Doué d’une observation infiniment délicate qui note surtout les presque insaisissables impressions, les fuyantes sensations, les malaises de l’âme, les troubles douloureux de l’être, qui s’attache à l’existence ordinaire, à l’incompréhensible, et monotone, et plate existence, qui pénètre dans les habitudes quotidiennes, et s’acharne aux détails presque insignifiants qui forment comme la pâte