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de cette partie de la création. Ils vivaient, pour la plupart, de chasse et de pêche et se couvraient de peaux de bêtes. La forêt les abritait et les réchauffait. Il y avait, chez ces peuplades, un mouvement progressif, une évolution rationnelle, un acheminement normal vers un idéal humain. Cette progression dépendait sans doute de certains facteurs naturels : climat, alimentation, etc. On a dit que la vertu est affaire de tempérament ; on pourrait peut-être aussi mesurer le degré de développement des peuples sur l’échelle des latitudes. Il y a corrélation entre les deux idées, semble-t-il. Il est aujourd’hui acquis que la civilisation des Aztèques et des Hopis excellait celle des Espagnols.

Nos doctes économistes accusent le sauvage d’abattre l’arbre pour avoir le fruit. Pourtant, à l’arrivée des Européens, nos cours d’eau étaient fort poissonneux, nos forêts giboyeuses et bien boisées

Aujourd’hui, après moins de quatre siècles de régime civilisé, de gavage indigeste, on commence à s’alarmer des symptômes qui se manifestent dans l’organisme économique. On éprouve le besoin de modérer ses appétits funestes, on sent le danger qu’il y a à absorber plus qu’on ne peut assimiler. D’un autre côté, on constate que cette boulimie qu’on n’a pas su réfréner a dévoré une bonne partie du festin auquel l’Europe s’est conviée en Amérique, on s’aperçoit qu’il faut désormais se rationner. Voilà pourquoi, on tente de substituer à la norme posée par l’infinie Sagesse des statuts civils en vue de repeupler nos cours d’eau empoisonnés et de reboiser nos forêts déprédées par un industrialisme dévergondé.