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on comptait aussi sur les magasins de Deerfield afin de se ravitailler pour le retour. D’ailleurs, le gibier était abondant dans la région à traverser. Tout de même, vingt-cinq taboganes chargées, traînées par les sauvages, suivaient la troupe.

Tamacoua n’avait pas caché aux Canadiens que l’expédition serait rude. On était alors au commencement de février et l’hiver fut particulièrement rigoureux en l’an de grâce mil sept cent quatre.

Les Abénaquis portaient d’épaisses culottes en peau bien fourrées et une sorte de justaucorps de lynx, grâce à quoi ils défiaient la bise. Une coiffure de poil qu’on eut dite un compromis entre la cagoule et le passe-montagne, leur dissimulait presque toute la figure.

Le costume des Canadiens, quoique moins primitif, ne manquait pas de pittoresque. Chaussés de mocassins et de mitasses, ils portaient culottes et surtout d’étoffe du pays.

L’accoutrement se complétait d’une ceinture fléchée, d’une chaude tuque de laine et d’épaisses mitaines.

Tous portaient en bandoulière une espèce de besace, plutôt gibecière que havresac, contenant des vivres, saucissons de pémican et pains de maïs, pour une journée ou deux. Pour armes, ils avaient, chacun, un fusil et un long couteau ou dague, à part l’attirail aux munitions.

Va sans dire que la troupe était chaussée de raquettes.

Le 3 février au matin, tout le monde assista à la messe et communia des mains du Révérend Père Bigot, dans l’église de Saint-François-des-Prés.