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gnes. Dans la plus grande, celle réservée sans doute aux enfants, il y avait, à part la grande couchette, deux ou trois baudets ou bancs-lits. Au mur pendait une croix de bois surmontée d’un rameau de sapin.

L’autre moitié de la maison était aussi subdivisée en deux pièces : l’une servant de cuisine, salle à manger, etc. et l’autre, plus spacieuse, était réservée aux grandes cérémonies du Jour de l’An ou aux visites marquantes comme celles du prêtre ou du seigneur. On y avait même célébré la messe après l’incendie de l’église.

D’ordinaire, toute la famille se tenait dans la cuisine qui était la pièce la mieux chauffée comme aussi la plus meublée de la maison. À vrai dire, l’ameublement était plutôt primitif, ce n’était évidemment pas du Boulle : table, chaises, banc, buffet, etc. étaient de confection domestique. On n’était pas regardant, à cette époque, dans les campagnes, mais, tout de même, les chaises étaient confortablement empaillées et nos industrieux ancêtres, maniant varlope et égohine, sans être des ébénistes experts, ne manquaient pas d’adresse quand il s’agissait de poser un pied à la chaise bancale ou un patin au berceau.

J’ai dit que la cuisine était beaucoup meublée. En effet, à part six chaises et une grande table, il y avait un petit banc, une boîte remplie de bois de chauffage près d’un poêle à deux ponts sous lequel un chat s’étirait paresseusement. Dans un coin se dressait une horloge en bois au tic-tac mat. Adossé au mur était un large buffet dépeinturé à force d’avoir été lavé ; c’était là le garde-manger ou s’emmagasinaient ustensiles, vaisselles et victuailles. Contre la cloison à l’endroit où Maugras a posé tantôt une cuvette d’eau fraîche pour sa toilette pendait une touaille en toile du pays