Page:Massé - Mena’sen, 1922.djvu/103

Cette page a été validée par deux contributeurs.
— 103 —
Book important2.svg Les corrections sont expliquées en page de discussion

Plus loin, un éboulis récent a fait dans la falaise une large entaille où s’accuse la succession des strates : après la croûte crayeuse d’un blanc tristamie, après la couche siliceuse d’un gris bleu, paraît un banc glaiseux d’un bleu gris qui petit à petit glisse et s’enlise.

Tout le long du trajet s’égrènent des islets verdoyants où la végétation, activée par d’incessantes alluvions, surabonde, foisonne, pullule, s’enchevêtre, puis étouffe et s’entasse en un humus sans cesse renouvelé. Des isles plus importantes projettent sur le fleuve qui flamboie l’ombre de leurs pins géants. Dans leur ramure sombre clignent, comme des yeux d’espions, les feuilles agitées et nerveuses des trembles blêmes.


----