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de la peinture
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La fable des raisins verts, n’en doutez pas !

Le savant Suédois, Peer Kalm, qui fit au Canada, en 1749, un voyage d’explorations scientifiques, ne paraît pas avoir restreint son intérêt aux seuls minerais, plantes, etc. Il est clair, d’après ce qu’il en écrit, qu’il a été sensible aux séductions des Canadiennes. On a beau être Kalm, quand on est homme et, qui plus est, naturaliste, on ne peut se défendre de certain émoi. « Homo sum : humani nihil a me alienum puto », comme disent les Suédois quand ils parlent latin. Voici comment s’exprime mon Kalm ou plutôt notre Kalm :

Ici, les femmes, en général, sont belles ; elles sont bien élevées et vertueuses et ont un laisser-aller qui charme par son innocence même et prévient en leur faveur. Elles s’habillent beaucoup le dimanche, mais les autres jours, elles s’occupent assez peu de leur toilette, sauf leur coiffure qu’elles soignent extrêmement.

Tous les historiens s’accordent à noter qu’il y a beaucoup de luxe dans la toilette ; le clergé s’élevait souvent contre ces extravagances. Un mémorialiste du temps (LaMothe Cadillac) se plaint qu’au Mont-réal, les Sulpiciens « refusent la communion à des femmes de qualité pour avoir une fontange ».

Continuons avec Kalm :

Il y a une distinction à faire entre les dames canadiennes et il ne faut pas confondre celles qui viennent de France avec les natives. Chez les premières on trouve la politesse qui est particulière à la nation française. Quant aux secondes, il faut bien faire une distinction entre les dames de Kébec et celles de Montréal. La Kébécoise est une vraie dame française par l’éducation et les manières ; elle a l’avantage de pouvoir