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CHANT III

L’ADIEU


Depuis longtemps déjà on a fauché les blés,
Cueilli dans les vergers les fruits d’or tavelés ;
Les greniers sont remplis et les fruitiers embaument.
Souvent Pierre et Nadine, à travers les royaumes
De l’espoir, ont conduit leurs pas silencieux
Escomptant l’avenir en mots délicieux.
Nadine n’est plus elle, et sa mère adoptive
S’étonne de la voir tantôt joyeuse, active,
Gazouillant des chansons, faisant rire l’écho,
Tantôt triste, rêveuse et ne disant plus mot.
Assise à la fenêtre elle coud sans relâche
Les pieds sur l’escabeau, absorbée à la tâche ;
Autour d’elle nul bruit ; on entend seulement
La flamme qui crépite en léchant les sarments.



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