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facultés, et c’est ainsi que l’épouse soumise, devient une foible et indolente mère. En supposant que cette conséquence ne soit pas toujours de rigueur, et qu’il y ait quelques exceptions, à peine songe-t-il à l’avenir, l’être dans lequel on n’a cultivé que des vertus négatives. En traitant des mœurs, et particulièrement dans leur rapport aux Femmes, les écrivains ont souvent considéré la vertu dans un sens très-limité, et lui ont uniquement donné l’utilité pour base : que dis-je ! ils lui en ont donné une bien plus fragile encore en plaçant l’enseigne de la vertu dans les sentimens versatiles des hommes. Oui, la vertu, comme la religion, a été soumise aux décisions du goût.

Si les vaines absurdités des hommes ne nous blessoient pas en tout sens, on ne pourroit se défendre d’un sourire de mépris, quand on observe leur sollicitude à dégrader un sexe auquel ils prétendent être redevables du plus grand plaisir de la vie. J’ai fréquemment et consciencieusement rétorqué sur eux le sarcasme de Pope ; ou, pour parler