Page:Marx - Misère de la philosophie.djvu/97

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

tons tout d’un coup à la source d’où les gouvernements mêmes dérivent. En allant ainsi à l’origine de la chose, nous trouverons que toute force de gouvernement, que toute injustice sociale et gouvernementale provient du système social actuellement en vigueur — de l’institution de la propriété telle qu’elle existe maintenant (the institution of property as it at present exists), et qu’ainsi, pour mettre, à tout jamais, fin aux injustices et aux misères d’aujourd’hui, il faut renverser de fond en comble l’étai actuel de la société… En attaquant les économistes sur leur propre terrain et avec leurs propres armes, nous éviterons l’absurde bavardage sur les visionnaires et les théoriciens, qu’ils sont toujours prêts à étaler. A moins de nier ou de désapprouver les vérités et principes reconnus, sur lesquels ils fondent leurs propres arguments, les économistes ne pourront guère repousser les conclusions auxquelles nous arrivons par cette même méthode. (Bray, p. 17 et 41.) C’est le travail seul qui donne de la valeur (It is labour alone which bestows value)… Chaque homme a un droit indubitable à tout ce que son travail honnête peut lui procurer. En s’appropriant ainsi les fruits de son travail, il ne commet aucune injustice à l’égard des autres hommes ; car il n’empiète point sur le droit de tout autre à agir de même… Toutes les idées de supériorité et d’infériorité, de maître et de salarié, naissent de ce qu’on a négligé les premiers principes, et