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Cet aperçu suffira pour donner au lecteur une juste idée des élucubrations de M. Proudhon sur la police ou l’impôt, la balance du commerce, le crédit, le communisme et la population. Nous défions la critique la plus indulgente d’aborder ces chapitres sérieusement.


§ IV. La propriété ou la rente.


A chaque époque historique la propriété s’est développée différemment et dans une série de rapports sociaux entièrement différents. Ainsi définir la propriété bourgeoise n’est autre chose que faire l’exposé de tous les rapports sociaux de la production bourgeoise.

Vouloir donner une définition de la propriété, comme d’un rapport indépendant, d’une catégorie à part, d’une idée abstraite et éternelle, ce ne peut être qu’une illusion de métaphysique ou de jurisprudence.

M. Proudhon, tout en ayant l’air de parler de la propriété en général, ne traite que de la propriété foncière, de la rente foncière.

« L’origine de la rente, comme de la propriété, est pour ainsi dire extra-économique : elle réside dans des considérations de psychologie et de morale qui ne tiennent que de fort loin à la production des richesses. » (T. II, page 266.)