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Hélas ! et là-bas, sous vos pieds, par degrés, s’altèrent et périssent la vieille force et les vieilles mœurs, et déjà, dans la souche pourrie, la sève s’arrête et va tarir. — Ah ! jeune et vigoureux essaim, puisses-tu nous donner une nouvelle génération vierge et forte comme toi !


Voilà certainement de la poésie, et qui fait non moins d’honneur à l’homme qu’à l’écrivain. De telles pensées ne viennent qu’aux âmes choisies, et il faut être un artiste consommé pour les revêtir de la forme qu’a su leur donner M. Otte.

En général, ce que l’on aime à trouver chez tous ces poètes, c’est la dignité, c’est le respect de soi-même et de la muse.

M. Adolphe Ungerer, pasteur à Lorentzen (Bas-Rhin), est aussi un jeune poète allemand avec lequel il faudra compter un jour. Il vient de débuter par un poème sur l’histoire, pour nous un peu ressassée, d’Héloïse et Abélard, et il m’adresse de jolis vers allemands dont il est l’auteur et qu’il a pris la peine de traduire en vers français, qui sont presque bons. M. Ungerer a de la sensibilité, de la candeur et un certain charme.

Je reçois aussi quelques pièces empreintes d’un véritable talent, signées par un Français qui est tout simplement un héros de notre glorieuse armée de Crimée. Mon héros se nomme Théodore Parmentier. Il est chef de bataillon du génie, aide de camp du maréchal Niel, et a fait en cette qualité les campagnes de Bomarsund et de Sébastopol. Il assistait au siège de ces deux places, à la prise de la première et à l’assaut de la tour Malakoff. Sa poitrine, ornée de décorations gagnées dans ces terribles luttes, prouve qu’il n’est pas