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BLAISE

Serviteur, noute fiscal. Mais appelez-moi Monsieur Blaise ; ça m’appartiant.

LE FISCAL

, riant.

Ah ! ah ! ah ! j’entends ; votre fortune a haussé vos qualités. Soit, Monsieur Blaise, je me réjouis de votre aventure ; vos enfants viennent de me l’apprendre ; je vous en fais compliment, et je vous prie en même temps de me donner les cinquante francs que vous me devez depuis un mois.

BLAISE

Ça est vrai, je reconnais la dette ; mais je ne saurais la payer, ça me serait reproché.

LE FISCAL

Comment ! vous ne sauriez me payer ? Pourquoi ?

BLAISE

Parce que ça n’est pas daigne d’une parsonne de ma compétence ; ça me tournerait à confusion.

LE FISCAL

Qu’appelez-vous confusion ? Ne vous ai-je pas donné mon argent ?

BLAISE

Eh bian oui, je ne vais pas à l’encontre ; vous me l’avez baillé, je l’ons reçu, je vous le dois ; je vous ai baillé mon écrit, vous n’avez qu’à le garder ; venez