Page:Malot - Cara, 1878.djvu/330

Cette page n’a pas encore été corrigée

ments ! Tu ne m’oublieras pas ; tu ne me tromperas pas ; tu le jures ; jure encore. Cara était affolée ; Léon était plus calme, mais cependant très-ému, très-attendri.

Cependant, lorsque la portière de la voiture eut été refermée, et lorsque Léon eut disparu, Cara se remit assez vite ; en rentrant dans son appartement, elle était tout à fait calme.

Elle trouva Louise en train d’entasser dans deux grandes masses du linge et des robes ; les masses étaient bientôt pleines.

— Tu vas les faire porter rue Legendre, dit Cara, puis ce soirtu iras les reprendre et tu iras les déposer à la gare de l’Ouest, bureau de la consigne ; prenons toutes nos précautions, et si la mère me fait surveiller, ce qui me paraît probable, elle en sera pour ses frais. Tu diras à la concierge que je suis malade et que je garde le lit.

Léon devait s’embarquer le samedi à Liverpool ; à midi, madame Haupois-Daguillon reçut une dépêche de Byasson :

« Liverpool, Il heures.

« Ai quitté Léon sur le Pacific. Le vapeur prend la mer, beau temps. »

Deux heures après, on remit à madame Haupois-Daguillon une lettre qu’un exprès venait d’apporter :

« La personne que nous avions mission de surveiller n’était point malade comme elle le prétendait ; elle n’est point chez elle, et nous avons tout lieu de croire qu’elle est sortie hier soirun peu avant minuit ; faut-il rechercher où elle a pu aller ? »

Avant de répondre, madame Haupois-Daguillon