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Page:Mallarmé-Whistler - Le Ten O’Clock RI.djvu/16

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jusqu’à ce que, lassés et démontés, ils ne sachent plus comment ils doivent manger ou boire — rester assis ou debout — ni avec quoi ils doivent s’habiller — sans affliger l’Art.



Mais, attention ! on discourt fort au dehors !



Triomphalement on crie « Prenez garde ! la chose nous concerne en vérité. Nous avons aussi notre participation à tout vrai Art ! — en effet, rappelez-vous la « touche unique de nature » qui « rend parent le monde entier ».

Oui, certes : mais que l’inconsidéré ne suppose plus légèrement que Shakespeare ici lui tend un passe-port pour le paradis, et lui accorde d’élever la voix entre les élus. Apprenez plutôt que, du fait même de cette parole, il est condamné à rester dehors — et à continuer avec le commun.

Cette unique corde qui avec tous vibre — cette « touche unique de nature » qui réclame un écho de chacun — qui explique la popularité du « taureau » de Paul Potter — qui excuse le prix de la « Conception » de Murillo — cette unique sympathie tacite qui pénètre l’humanité, est — la Vulgarité !

La Vulgarité — sous l’influence fascinante de qui la « masse » a coudoyé « l’élite » et la sphère exquise de l’Art fourmille de la cohue ivre des médiocrités, dont les meneurs jasent et conseillent, haussent le ton, là où les dieux autrefois chuchottaient pour parler.

Et voici que s’avance de leur milieu le Dilettante à