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Page:Mallarmé-Whistler - Le Ten O’Clock RI.djvu/13

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lisme poétique, qui leur vient en aide, à force d’usage, quand ils s’occupent de la nature : une montagne pour eux, est synonyme de hauteur — un lac de profondeur — l’océan de vastitude — le soleil de gloire.

Si bien qu’un tableau avec une montagne, un lac ou l’océan — quelqu’en soit la peinture — est inévitablement « sublime », « vaste », « infini » et « glorieux » — sur le papier.



Il y a aussi ceux, au maintien sombre, et sages de la sagesse des livres, qui fréquentent les musées, et se terrent dans les cryptes : colligeant — comparant — compilant — classifiant — contredisant.

Des experts que ceux-ci — pour qui une date est un mérite — l’étiquette d’une salle le succès !

Soigneux (dans l’examen, ils le sont, et de jugement consciencieux — établissant, tout bien pesé, des réputations sans importance — découvrant la peinture à la marque qui est derrière, — affirmant le torse d’après la jambe qui manque — remplissant les infolios de doutes sur la position de ce membre — chicaniers et dictatoriaux en ce qui concerne le lieu de naissance de personnages inférieurs — spéculant, en de nombreux écrits, sur la grande valeur d’ouvrages mauvais.

Commis avérés de la collection, ils mélangent les mémorandums et l’ambition, et, reduisant l’Art à la statistique, ils « mettent en liasse » le quinzième siècle et rangent par casiers l’antiquité.