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Page:Mallarmé-Whistler - Le Ten O’Clock RI.djvu/1

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LE “TEN O’CLOCK”
DE
M. WHISTLER


Mesdames et Messieurs,

C’est avec une grande hésitation, et pas mal de crainte, que je parais devant vous, dans le rôle de prédicateur.

Si la timidité a quelque rapport avec la vertu de modestie, et me peut valoir votre faveur, je vous prie, au nom de cette vertu, de m’accorder toute indulgence.

Je plaiderais mon manque d’habitude, s’il n’était d’abord invraisemblable, à en juger par les précédents, qu’on pût s’attendre à rien d’autre qu’à l’effronterie la plus manifeste, en raison à mon sujet — car je ne veux pas vous cacher que je me propose de vous parler sur l’Art. Oui, l’Art — qui depuis peu est devenu, au moins autant que la discussion ou les écrits aient pu en faire cela, une sorte de lieu commun pour l’heure du thé.

L’Art sévit par la ville ! — la galanterie du passant le prend au menton — le maître de maison l’invite à blanchir


Conférence faite, à dix heures du soir : Londres (le 20 février), Cambridge (le 24 mars) Oxford (le 30 avril, 1885).