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ne fut point blessée ; mais la honte qu’elle éprouvait de changer de vêtements devant tout le monde fit qu’elle les laissa sécher sur elle : un violent rhume fut la suite de cet accident, qui eut une influence malheureuse sur sa santé.

Les dames d’Ekatherinembourg, qui avaient chargé son conducteur de faire les arrangements nécessaires pour la continuation de son voyage depuis Nijeni, ne l’avaient recommandée à personne dans cette ville, où Prascovie n’avait pas l’intention de s’arrêter : elle se trouva donc, à son arrivée, sans connaissances et sans protection. Les bateliers la déposèrent sur le bord du fleuve avec son petit équipage, qui était devenu plus volumineux par les soins de madame Milin.

En face du pont où l’on débarque ordinairement sur le rivage du Volga, se trouvent une église et un couvent de religieuses situés sur une éminence. Elle s’y achemina pour faire ses prières accoutumées, se proposant d’aller ensuite chercher un gîte quelque part dans la ville.

En entrant dans l’église, qui lui parut déserte, elle entendit, au travers de la grille, les chants des religieuses qui achevaient leurs prières du soir, et regarda cette circonstance comme de bon augure. « Un jour, se disait-elle, si Dieu favorise mes vœux, je serai de même cachée sous le voile,