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chap. 7e.
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des semoirs.

cavités pratiquées à la périphérie, et, quand le cylindre a fait sa révolution, elles descendent par un tube (fig. 288) dans le rayon qui a été tracé par sa partie inférieure, et sont immédiatement recouvertes par les dents d’un râteau. L’inspection des figures suffit pour démontrer le mécanisme de cet instrument. Partout où on l’a essayé il a été trouvé d’une manœuvre trop compliquée et d’une construction trop fragile et trop délicate. D’ailleurs, par la disposition adoptée, on ne peut remplir de semence qu’une partie de la caisse ; aujourd’hui on a remédié à ce désavantage au moyen des brosses.

Un autre genre de semoir employé avec succès par M. Arbuthnot, est celui qui, au lieu de trémie fixe, supporte un baril mobile (fig. 289) soutenu par deux roulettes. Les semences qui y sont contenues trouvent une issue par les trous qu’on a pratiqués sur la circonférence. Les deux dents qui se trouvent enchâssées dans la traverse postérieure, font l’office de herse ou de râteau pour recouvrir et enterrer. C’est surtout pour les turneps ou graines fines qu’il est usité.

Au baril en bois on a substitué dans ces derniers temps une capsule ou lanterne en fer-blanc, formée de 2 cônes tronqués, assemblés par leur base et présentant la forme de la figure 290. Le milieu est une bande percée d’une série de trous, dont les diamètres sont proportionnés au calibre des semences qu’on répand. Lorsqu’elles sont très-fines, on ne laisse ouverts que les trous v v et on ferme tous les autres avec des lièges. — Mais ce moyen est sujet à plusieurs inconvéniens ; c’est ce qui a fait imaginer un autre expédient (fig. 291). La partie supérieure ou le sommet de la lanterne est muni de 2 rebords à charnières, dans lesquelles glissent autant d’oreillettes qu’il y a de trous, et échancrées dans la partie qui est destinée à s’aboucher avec l’ouverture. La partie à gauche représente l’oreillette éloignée du trou. Avec cette disposition, l’instrument sème très-épais, ou des semences qui ont certain volume. Si l’on veut semer moins dru ou des semences ténues, on rapproche la charnière comme on le voit dans la partie à droite, où la capacité de l’ouverture est amoindrie et ne laisse plus échapper que des graines très-fines. M. de Fellemberg, je crois, est un des premiers qui aient appliqué cette disposition aux semoirs de son invention. M. de Dombasle l’emploie également pour ses semoirs à graines fines ; enfin, le beau semoir de M. Crespel Delisse est composé d’une série de lanternes posées les unes à côté des autres.

Le mécanisme de ces semoirs est très-simple. Leur direction exige cependant quelques données pratiques. Ils se remplissent de graines au moyen du tube supérieur portant à son extrémité un couvercle qu’on enlève et qu’on replace à volonté. La capsule ne doit pas être remplie à plus de 2/3 de sa capacité, soit parce que la graine sort mal si l’on n’a cette précaution, soit parce qu’elle est alors trop pesante pour tourner avec facilité. Le dernier inconvénient est sensible surtout lorsque le semoir n’a pas plusieurs capsules. La graine devra être préalablement purgée de toutes les substances étrangères qui fermeraient l’ouverture, et dégagée de toutes les aspérités qui l’empêcheraient de passer.

Le semoir que les Anglais emploient le plus généralement (fig. 292 et 293 ), se compose d’une trémie fixée sur le montant c au