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qui existaient alors, vous reconnoîtrez qu’il a essentiellement perfectionné la méthode, en reportant à la tête de la classe les crustacés, les arachnides et les myriapodes ou mille-pieds, que l’on s’étoit obstiné jusqu’à lui, malgré l’évidence des affinités naturelles, à placer dans un sens inverse. Sans doute il eût été plus convenable de ne pas réunir dans un même groupe des animaux aussi disparates, et d’en former trois classes, ainsi que le fit M. de Lamarck, dont le nom se rattache si glorieusement à la même époque de l’histoire de la science ; mais l’ordonnance générale n’en appartient pas moins à M. Cuvier.

Sans parler de ses diverses recherches anatomiques particulières, n’a-t-il pas prouvé le premier que les insectes étoient dépourvus d’organe de circulation, et n’a-t-il pas constaté son existence dans les arachnides pulmonaires ? il a imprimé à ce genre d’observations un tel mouvement, que l’anatomie des insectes, si long-temps négligée, exerce maintenant la patience et la sagacité d’un grand nombre de naturalistes, et qu’elle si est déjà enrichie de plusieurs excellens mémoires, parmi lesquels je citerai ceux de MM. Ramdbor, Sprengel, Hérold, Téviranus, Marcel de Serres, Jurine, Blainville, Léon Dufour, Straus, Chabrier, Audouin, etc. La disposition des nervures des ailes a fourni à l’un de ces auteurs, feu Jurine, un nouveau moyen de classification. Des faunes, des monographies, de bons ouvrages iconographiques[1], viennent accroître chaque jour le dépôt de nos connoissances dans

  1. Je ne peux me dispenser de citer, comme un modèle en ce genre, l’Histoire Naturelle des Lépidoptères de France, de M. Godart, ouvrage dont il a déjà paru 28 cahiers.