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former de coupes bien naturelles ou en démontrer la certitude.

Il ne suffisoit pas d’avoir établi sur des caractères extérieurs une méthode, il falloit encore en coordonner la distribution d’après des principes invariables, et quel pouvoit être ici notre guide si ce n’est l’anatomie interne. Nous avons vu que depuis près d’un siècle et demi quelques savans naturalistes avoient dirigé de ce côté leurs recherches ; mais, ainsi que tous les premiers efforts de l’esprit humain, dans tout ce qui dépend de l’exercice de nos sens, ces travaux étoient très-imparfaits et presque tous erronés, quant à la supposition de l’existence d’un organe de circulation. Cependant au milieu du dernier siècle parut un livre qui, par l’immensité des détails d’observations, leur application à toutes les parties du système général, celles même qui, à raison de leur finesse, pourroient échapper aux regards d’un anatomiste très-exercé, qui, par la beauté encore de l’exécution considérée tant sous le rapport de la typographie que sous ceux du dessin et de la gravure, sembloit devoir épouvanter ceux qui désormais se livreroient à de semblables travaux, je veux parler du traité admirable de Lyonet, sur l’anatomie de la chenille du saule. Mais il n’étoit pas nécessaire, pour faire avancer la science, de porter aussi loin l’observation ; et dans l’état où se trouvoit la zoologie, il étoit plus avantageux pour ses progrès de consacrer son temps à l’étude de ses diverses parties, afin de découvrir les différences organiques propres à servir de base à l’établissement des coupes principales : c’est ce qu’a fait, vous le savez tous, M. Cuvier. Comparez sa distribution de la classe des insectes de l’un de ses premiers ouvrages, le Tableau élémentaire de l’Histoire Naturelle des Animaux, avec celles