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partie physique.

truite sur cette chaîne de montagnes, comme celle du cèdre le sera probablement bientôt sur le Liban, et croit que si le citrum existe encore quelque part, on doit le chercher dans une espèce de genévrier, improprement appelée juniperus thurifera par Linnæus, et que Tournefort et Olivier ont observée sur le mont Taurus.

M. Desfontaines pense que c’est plutôt le tamarix orientalis, ou l’altée des Égyptiens modernes ; mais il n’est, selon M. Mongès, ni assez grand, ni assez précieux pour répondre aux descriptions du citrum : il n’arrive pas à la grosseur du corps d’un homme, et c’est le bois de chauffage et de menuiserie le plus commun en Égypte.

M. Sprengel, dans ses notes sur Théophraste, imprimées en 1822, voit le citrum dans le thuia articulata de Vahl ; arbre fort semblable au cyprès, de 24 à 30 pieds de haut, sur 12 à 15 pouces de diamètre, que M. Desfontaines a observé près de Tripoli, et que M. Dellacella a surtout trouvé en grande abondance dans la Cyrénaïque. M. Mongès le regarde aussi comme trop petit, mais peut-être n’est-il pas nécessaire de beaucoup s’arrêter aux difficultés prises de la grandeur. Il n’en est question que dans le passage tiré de Suétonius Paulinus, qui n’est pas très-évidemment relatif au citrum. D’ailleurs, il serait possible, et M. Mongès lui-même semble le penser, que ces grands morceaux si recherchés pour des meubles de luxe ne fussent pas les produits ordinaires de l’arbre, mais des excroissances, des monstruosités peu communes et même cette circonstance expliquerait mieux que toute autre leur énorme cherté. Il faudra donc retrouver parmi les arbres, assez nombreux, auxquels conviennent plus ou moins les descriptions vagues données par les