Page:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 4.djvu/231

Cette page a été validée par deux contributeurs.
ccxxiij
éloge de m. delambre.

difficiles de géométrie sphérique ; elle suppose aussi l’examen des sources historiques les plus anciennes. Ces sources sont toutes indiquées dans l’ouvrage de Delambre, et ses savantes analyses sont nécessaires, quelle que soit l’opinion que l’on se forme à ce sujet. Ce qui distingue surtout son histoire de l’astronomie ancienne des ouvrages qui l’ont précédée, et qui ont le même objet, est le soin que l’auteur a pris d’expliquer clairement les méthodes propres à chaque astronome. Il les traduit au moyen des signes analytiques modernes ; et, ce qui est remarquable, cette interprétation perfectionne presque toujours les méthodes.

Les travaux longs et opiniâtres auxquels il n’a cessé de se livrer, dont rien ne pouvait le distraire, et qui étaient à peine interrompus par quelques heures de sommeil, altérèrent de plus en plus sa santé dans les dernières années. La maladie qui l’a enlevé aux sciences s’est déclarée dans le mois de juillet 1822 ; la perte totale de ses forces, des syncopes longues et fréquentes annoncèrent d’abord une issue funeste. Il parut lui-même la prévoir, et conserva jusqu’au dernier instant la douceur inaltérable de son caractère et la sérénité de son esprit : il succomba le 19 août 1822, non sans avoir beaucoup souffert, mais sans avoir proféré aucune plainte.

Si j’avais à rappeler des scènes de regrets et de douleurs, les tendres sollicitudes de son épouse et de ses parents, que pourrais-je ajouter aux paroles nobles et touchantes qui furent prononcées à ses obsèques, lorsqu’il reçut notre dernier adieu, et quel suffrage pourrait honorer sa mémoire autant que celui qui fut si éloquemment exprimé par son illustre collègue, témoin de ses travaux et de ses vertus.

On vient de présenter les traits les plus remarquables de la