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leur insertion. Si quelques-unes paraissent rejetées en arrière, je crois cette apparence uniquement due à un extrême rapprochement, et je considère comme unique le cercle d’où elles partent.

Dans la plupart des espèces, les filaments sont trop nombreux et trop pressés pour qu’on puisse deviner quelle est leur position par rapport aux pétales ; mais il est une espèce où l’obstacle dont il s’agit n’existe point, c’est le Reseda alba qui déjà nous a dévoilé plusieurs mystères. Linné attribuait à cette plante 11 étamines pour caractère constant[1]. J’en ai trouvé tantôt 11, tantôt 12 chez les fleurs nombreuses que j’ai étudiées au Jardin royal de Montpellier ; et, dans les deux

    prenant de l’accroissement, augmentent encore la compression des parties intérieures. À mesure que le fruit grossit, la pulpe centrale prend une consistance gélatineuse, elle se désorganise, et elle se fond en eau comme celle de la Bryone. Cependant le fruit devient tout à fait mûr ; le pédoncule qui est articulé avec lui s’en détache ; un trou se forme à la base du péricarpe et la pulpe, ainsi que les graines comprimées si longtemps dans l’enveloppe qui les enfermait, libres enfin, s’élancent avec élasticité et jaillissent au loin. Cette explication est tellement vraie, que si l’on coupe horizontalement un ovaire d’Elaterium longtemps même avant sa maturité, l’on verra que la pulpe, déjà trop resserrée dans la cavité péricarpique, tend à l’instant même à occuper un plus grand espace, et s’élève en calotte convexe au-dessus du péricarpe. (Mem. Cucurb. 13-15, ou dans les Ann. mus. V.) » Au reste, il s’en faut que le Momord. Elaterium soit la seule cucurbitacée où la pulpe centrale devienne liquide. Dans le Bryonia dioica elle se fond en eau trouble ; elle devient également aqueuse dans le Cucumis sativa ; une sorte de gelée la remplace dans le Cucumis prophetarum.( Voy. le mém. cité plus haut ; p. 5, 8, 20, 21.)

  1. Lin. Gen. ed. Schreb., I. 326.