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de la matière fixée à l’étoffe. Le mémoire suivant, n° 2, fera connaître la quantité d’eau que les étoffes peuvent prendre à l’atmosphère.

3° De ce que les étoffes ne fixent que très-peu de matière colorée, on est par là même obligé de prendre en considération de très-petites quantités de matières qu’elles peuvent contenir, soit accidentellement, soit naturellement, comme la laine qui contient du soufre. Il faut donc des expériences de précision pour reconnaître ces matières et apprécier l’influence qu’elles peuvent avoir. Dans un mémoire n° 3, je ferai connaître toute l’étendue de l’influence du soufre dans diverses circonstances où la laine peut être placée.


B. De ce que les étoffes sont des composés ternaires ou quaternaires neutres, il en résulte que leurs affinités pour les acides, les bases, les matières colorées, doivent être en général peu énergiques.

Ce défaut d’énergie des étoffes dans leurs affinités est cause des difficultés suivantes :

1° Lorsqu’on veut savoir s’il y a affinité entre une étoffe et un corps soluble dans l’eau, tel qu’un acide, une base salifiable, un sel, il se présente dans la plupart des cas une grande difficulté qui tient à la faiblesse même de l’affinité qu’on cherche à reconnaître : en effet, si le corps soluble ne colore pas l’étoffe, et qu’il forme avec elle un composé qui ne soit pas absolument indécomposable par l’eau, ce qui a lieu ordinairement, il arrive qu’en soumettant l’étoffe au lavage pour lui enlever la portion de la matière soluble qui n’est pas fixée en vertu de l’affinité, on n’a jamais la certitude de saisir précisément le moment où le lavage doit être arrêté ;