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Lorsqu’on cherche à reconnaître les éléments qu’il faut avoir pour résoudre les difficultés qui se présentent dans le compte qu’on veut se rendre des phénomènes de la teinture, considérée comme art et comme branche de la chimie, on est conduit à voir que ces éléments rentrent les uns dans la physique, et les autres dans la chimie.

Les éléments principaux, qui sont du domaine de la physique, se rapportent à deux principes qu’on peut nommer le principe de mélange des couleurs et le principe de leur contraste simultané.

C’est au principe du mélange des couleurs que se rattachent les faits suivants, :

1° La production du vert par le mélange de molécules colorées en bleu et en jaune, la production du violet par le mélange de molécules colorées en bleu et en rouge, la production de l’orangé par le mélange de molécules colorées en rouge et en jaune.

2° La production du noir par le mélange de molécules bleues, rouges et jaunes, fixées à saturation sur une étoffe.

3° La décoloration d’une étoffe légèrement colorée, lorsqu’on y applique des molécules dont la couleur neutralise celle qui en altérait la blancheur. C’est ainsi qu’un bleu tirant sur le violet, ou un violet tirant sur le bleu, sont employés pour donner plus de blancheur aux étoffes, au papier qui ont une teinte plus ou moins jaune.

Le principe du contraste simultané des couleurs, tel que je l’ai étudié dans un mémoire qui fait partie du XIe volume du recueil de l’Académie des Sciences, faisant connaître dans quel sens s’exerce l’influence mutuelle de deux couleurs juxtaposées qu’on voit simultanément, est indispensable à connaître ;