Page:Mémoires de l’Académie des sciences, Tome 15.djvu/423

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


suite reconnue, comme du reste elle l’a été par M. Robiquet dans son savant mémoire lu à l’Académie[1], pour une plante

  1. Réflexions sur les eaux thermales de Néris, lues à l’Académie en la séance du 17 août 1835, dont il a paru un extrait dans le Compte rendu hebdomadaire, t. 1, p. 48-50, et publiées entièrement dans le Journal de Pharmacie, N° XI, 1835.
    C’est dans ces Réflexions, si riches en observations chimiques, que se trouve établie, faute de comparaison à l’œil nu et par examen microscopique, l’identité impossible entre la Barégine simplement glaireuse et chaotique des eaux thermales sulfureuses de Barèges et le Nostoch organisé des eaux thermales de Néris.
    M. Robiquet a parfaitement décrit le Nostoch thermalis qui croît au fond des basosins de Néris ; il l’a très-bien observé dans toutes les phases de son développement, c’est-à-dire, dans le développement ou l’étendue de ces petits herbages verdoyants et comme membraneux qu’offrent à l’œil nu les innombrables individus moniliformes qui composent, par entrelacement, ces sortes d’herbages ; individus qui ne peuvent être vus et étudiés qu’à l’aide des verres grossissants.
    M. Robiquet parle aussi de la manière singulière dont les petits herbages membranoïdes, d’abord couchés sur le sol du fond des bassins, sont ensuite soulevés sous forme de tuyaux ou de monticules, par l’émission d’un gaz captif sous-jacent, qui fait effort pour se dégager et qui finit par se faire jour en les crevant au sommet en autant de petits cratères. C’est de ces soulèvements monticuleux, image exacte du grand soulèvement des montagnes volcaniques, que M. Bory de Saint-Vincent, qui avait observé le même phénomène, et qui en a fait sur les lieux un superbe dessin, a pris le caractère et le nom spécifique de son Anabaina monticulosa. Voici comment s’exprime M. Robiquet à l’égard des soulèvements dont il vient d’être question : « Lorsque ce bassin vient d’être nettoyé, ou mieux encore quand on le reconstruit à neuf, on est assez longtemps sans remarquer de changement ; puis on voit apparaître quelques taches verdâtres sur plusieurs points du fond. Peu à peu ces taches s’agrandissent, et bientôt tout le sol se trouve enduit de cette espèce de mousse qui forme une sorte de tapis au fond du bassin.
    « Quelques phénomènes assez curieux succèdent à ce premier déve-