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contenant la matière vive et verte de laquelle seule dépend la couleur verte des masses vues à l’œil nu[1].

Ces filaments, ou plutôt ces petits végétaux moniliformes, comme tous ceux des Nostochs que j’ai eu l’occasion d’observer, n’oscillent jamais. Ce phénomène d’oscillation, dans lequel quelques auteurs ont cru voir un signe d’animalité[2],

  1. Dans les végétaux confervoïdes, les vésicules ou les tubes qui en constituent la charpente, sont toujours, comme les vésicules et les tubes dont se forment, par addition, les masses tissulaires des végétaux appendiculaires, transparents et incolores. C’est donc, dans les deux cas, à la présence et à la couleur propre de la globuline née et contenue dans ces organes creux que sont dues, le plus souvent, les magnifiques couleurs qui embellisent la végétation. Je regarde comme identique la matière colorée des végétaux confervoïdes et la globuline de la vésicule des tissus cellulaires des autres végétaux. Tous ces grains globuleux au moins dans leur origine ont leur centre vital particulier d’organisation et tous ont en eux la faculté d’absorber, d’assimiler, de s’étendre et de reproduire indéfiniment l’espèce, toutes les fois que des circonstances favorables protègent leur végétation et empêchent leur fréquent avortement.
  2. Un individu de Nostoch est uni-tige ou non rameux, et se compose d’un nombre déterminé, variable selon les espèces et selon les individus dans chaque espèce, d’articles ou de petits mérithalles globuleux, vésiculeux, transparents, incolores, qui naissent successivement à la suite les uns des autres, et dans l’intérieur desquels est renfermée la matière verte et vive de ces végétaux microscopiques. Comme il arrive que le dernier de ces mérithalles prend plus de développement que tous ceux placés au-dessus de lui, on en avait conclu que cet article terminal était la tête d’un prétendu animalcule.
    Je ferai voir ailleurs que ce dernier article, en prenant plus de développement, suit la marche naturelle des végétaux, et qu’il tend à devenir