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MÉMOIRES

Milan, 17 mars 1873.

« Je ne reçois ta lettre de vendredi que ce matin, parce qu’elle a été retardée par un affranchissement insuffisant. Mets donc quarante centimes au lieu de vingt-cinq : tes moyens te le permettent encore. Je suis tout charmé de l’idée de te voir bientôt. Écris-moi le jour exact de ton départ et de ton arrivée. Je me sens tout rajeuni par ta prochaine arrivée. Malgré la pluie et les ennuis, je suis de bonne humeur. Vous voyez, madame P., que le cœur ne vieillit pas. »

Tout alla bien pendant quelque temps. Mais un jour, je reçois une lettre. Quoique la missive en question ne portât aucune marque, cachet ou en-tête, qui indiquât sa provenance, je ne m’abusai pas un instant sur sa signification. Je me dis : Encore un billet de circulation !

C’était toujours la même chanson : une invitation, — non à la valse — mais au galop !

J’eus la velléité de tenter avec la police une petite partie au plus fin : et la ruse me réussit à moitié.