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corderait la faveur que je sollicitais. – Au bout d’une huitaine de jours nous allâmes savoir la réponse ; et combien ma joie fut grande, lorsqu’en m’apercevant, il s’écria : – Oh ! mon enfant, je suis charmé de votre partition, elle est pleine d’heureuses idées, c’est avec grand plaisir que je deviens votre professeur ; et si vous avez du courage et de la persévérance, car il en faut beaucoup pour parcourir cette carrière si épineuse, vous ne pourrez manquer de réussir, après avoir fait de profondes études. Vous me promettez de bien étudier ? Oh oui ! lui répondis-je, j’en prend formellement l’engagement, qui, du reste ne devra pas me coûter à tenir, me sentant un désir si fortement prononcé.

Je travaillai avec ardeur. Nous avions pris un petit appartement très-modeste. Il y avait déjà dix-huit mois que je prenais des leçons du célèbre M. Berton ; il était très-satisfait de moi. J’avais refait mon opéra avec lui. Un jour, je lui montrai un grand air de soprano que je venais de composer ; il l’examina, et sa physionomie, si riante d’habitude, était impassible ; il lisait toujours, je le regardais du coin de l’œil, car sans qu’il me dît rien, je devinais d’ordinaire sa pensée. Il arriva à