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   — Y eût-il autant de filles au pays,
Qu’il y a de grains de sable dans la mer,

   Je n’aurai aucune d’entre elles,
Puisqu’il est vrai que mon amour est morte ;

   Jamais mariage ne sera sur ma tête,
Puisque est morte Marie Penduenn[1] .


Marie Hulo, Plouaret 1848.
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LES FILLES DE KERGROAZ
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   Ecoutez tous, tous écoutez
Un air de danse nouvellement composé.
Tiridi-tiridei, dei, dei, lam-toura
_______Toura tra la lei !

   Un air de danse nouvellement composé,
Aux filles de Kergroaz il est fait.

   Qui est fait aux filles de Kergroaz,
Qui s’en vont la nuit faire les quatre cents coups.

   Elles passent deux rivières, ou trois,
Pour aller à la soirée à Traon-maner.

   A Traon-maner quand elles sont arrivées
Ce n’est pas danser qu’elles sont allées.

   Elles sont allées à sa chambre avec le seigneur
Jouer aux dés et aux cartes.

   La soirée n’était pas achevée,
Que la fortune des filles était faite.

   Les pauvres filles que voici pleuraient,
Elle ne trouvaient personne qui les consolât ;

   Elles ne trouvaient personne qui les consolât,
Si ce n’est le seigneur, celui-là le faisait.

  1. Penduenn « celle à la tête noire » et aussi « roseau. »