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CLAUDINE LE GAC
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I

  — Claudine, dites-moi,
À combien de créatures (enfants) avez-vous donné le jour ?
Je vous le promets et l’assure,
On ne vous fera pas de mal, en aucune façon.

  — Je le promets et l’assure,
Je n’ai donné le jour qu’à une seule ;
Pour une jeune fille de dix-sept ans,
Je n’ai pas encore perdu de temps.

  — Mes sergents, saisissez-la,
Et la conduisez à Morlaix !
Elle nous a avoué
Qu’elle a été pécheresse.

  — Sauf votre grâce, monseigneur du Kernevez,
Vous ne me conduirez pas à Morlaix ;
Vous ne me conduirez pas à Morlaix,
Car mes parents seraient déshonorés ;

  Conduisez-moi à la ville de Rennes,
Je vous suivrai quand vous voudrez
Quand Claudine arrive à Rennes ;
— Pourquoi ce bûcher qui est auprès de la prison ?

  Pourquoi ce bûcher qui est auprès de la prison ?
Quand je le regarde, mon cœur s’effraie !
— Oh ! ce bûcher-là, Claudine,
Est pour brûler une jeune fille ;

  Est pour brûler une jeune fille
Qui a tué son fils sans baptême !
— Si les sergents avaient fait leur devoir,
Le seigneur du Kernevez serait dans le feu avec Claudine Le Gac.[1]





  1. (1) La pièce doit être incomplète.