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LA PESTE D’ELLIANT.
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  — Cinquante nuits j’ai été
Dans un petit champ de genêts ;

  Dans un petit champ de genêts,
Cherchant à voler les cloches de la Trinité.

  Les cloches sonnaient toutes les trois :
— Pauvre Olivier, tu seras pendu !

  La Peste blanche est au pignon de ta maison. —
— Quand il plaira à Dieu, elle entrera.

  Quand elle entrera, moi je sortirai,
Que de cœurs elle met en peine !

  Cœur de veuf et de veuve,
Cœur d’orphelin et d’orpheline ! ..... —

II

  La Peste est partie d’Elliant,
Elle a emporté sept mille et cent !

  Cruel eut été le cœur de celui qui n’eut pleuré,
S’il eut été au bourg d’Elliant,

  En voyant sept fils d’une même maison.
Allant en terre dans une même charrette !

  La pauvre mère les traînait,
Le père suivait en sifflant ;

  Le père suivait en sifflant,
Il avait perdu la raison ! ....
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

  Il fallait interrompre la grand’messe,
A cause du bruit des charrettes ferrées. ...

  — Seigneur saint Gily, disait-elle.
Logez mes enfants dans votre maison ! —

  — Comment pourrais-je les loger ?
Mon église est pleine, jusqu’aux seuils ;

  Mon église est pleine, jusqu’aux seuils,
Et mon cimetière, jusqu’aux murs ! —