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  — Oui, promenez-vous sur le pont du navire,
Mais prenez garde de vous noyer. —

  La petite Marie-Yvonne disait,
En se promenant sur le pont du navire :

  — Vierge Marie, dites-moi,
Me noierai-je ou ne le ferai-je ?

  A cause de vous, Vierge Marie,
Je ne veux pas vous offenser.

  Si je vais dans la mer, je serai noyée,
Et si je reste, je serai tuée ! —

  Elle a obéi à la Vierge
Et s’est jetée sur la tête dans la mer.

  Un petit poisson du fond de la mer
Porte Marivonnic à la surface de l’eau.

  Le seigneur Anglais disait
A ses matelots, en ce moment :

  — Matelots, matelots, dépêchez-vous,
Je vous donnerai cinq cents écus ! —

  Le seigneur Anglais disait
A Marivonnic, ce jour-là :

  — Petite Marivonne, vous avez eu tort,
Si vous aviez voulu, vous seriez ma femme ! —


Chanté par Jeanne Le Gall. — Keramborgne, 1849.



VARIANTE.


Une autre version donne ainsi la fin de cette chanson, dont l’air est charmant :

  Un petit poisson du fond de la mer
Amène Marivonne à la surface de l’eau.

  Un coup de vent s’est élevé
Qui l’a poussée au seuil de la cour de son père.

  — Père chéri, ouvrez votre porte,
C’est la petite Marivonne qui demande ouverture —

  — Est-il donc possible, mon Dieu,
Que la petite Marivonne soit là ? —

  Elle a fait trois fois le tour de la maison,
Puis elle est morte aussitôt !