Page:Louÿs - Les Chansons de Bilitis, 1898.djvu/326

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Sur les rives sombres du Mélas, à Tamassos de Pamphylie, moi, fille de Damophylos, Bilitis, je suis née. Je repose loin de ma patrie, tu le vois.

Toute enfant, j’ai appris les amours de l’Adôn et de l’Astarté, les mystères de la Syrie sainte, et la mort et le retour vers Celle-aux-paupières-arrondies.

Si j’ai été courtisane, quoi de blâmable ? N’était-ce pas mon devoir de femme ? Etranger, la Mère-de-toutes-choses nous guide. La méconnaître n’est pas prudent.

En gratitude à toi qui t’es arrêté, je te souhaite ce destin : Puisses-tu être aimé, ne pas aimer. Adieu. Souviens-toi dans ta vieillesse, que tu as vu mon tombeau.