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Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/80

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L’ANTRE DES NYMPHES


Tes pieds sont plus délicats que ceux de Thétis argentine. Entre tes bras croisés tu réunis tes seins, et tu les berces mollement comme deux beaux corps de colombes.


Sous tes cheveux tu dissimules tes yeux mouillés, ta bouche tremblante et les fleurs rouges de tes oreilles ; mais rien n’arrêtera mon regard ni le souffle chaud du baiser.


Car, dans le secret de ton corps, c’est toi, Mnasidika aimée, qui recèles l’antre des nymphes dont parle le vieil Homêros, le lieu où les naïades tissent des linges de pourpre.


Le lieu où coulent, goutte à goutte, des sources intarissables, et d’où la porte du Nord laisse descendre les hommes, et où la porte du Sud laisse entrer les Immortels.