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Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/46

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PRIÈRE À PERSÉPHONÊ


Purifiées par les ablutions rituelles, et vêtues de tuniques violettes, nous avons baissé vers la terre nos mains chargées de branches d’olivier.

« Ô Perséphonê souterraine, ou quel que soit le nom que tu désires, si ce nom t’agrée, écoute-nous, ô Chevelue-de-ténèbres, Reine stérile et sans sourire !


« Kokhlis, fille de Thrasymakhos, est malade, et dangereusement. Ne la rappelle pas encore. Tu sais qu’elle ne peut t’échapper : un jour, plus tard, tu la prendras.


« Mais ne l’entraîne pas si vite, ô Dominatrice invisible ! Car elle pleure sa virginité, elle te supplie par nos prières, et nous donnerons pour la sauver trois brebis noires non tondues. »