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Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/188

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NON


N’essayez pas de me faire souffrir : vous n’y réussirez jamais. Rupture accomplie, je ne vous aime plus ; et si je ne vous aime plus, de quoi souffrirais-je ?

Vous ai-je aimée ? Pas même. J’aimais votre amour. Lui seul vous prêtait une beauté. Sans lui, vous redevenez une femme de la foule. Sans lui, par qui seriez-vous belle ?

Si je vous rencontre dans la vie, ma chère, vous me paraîtrez semblable à ces paysages grisâtres où l’on se souvient encore d’avoir vu (mais quand ?) la pourpre du soir.

Et par le miracle de la pensée, vous me donnerez toujours malgré vous, s’il me plaît, ce que vous n’espérez plus offrir : la jeunesse de votre visage.