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Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/187

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LE BAL QUI MEURT À L’AUBE


Par la haute baie ouverte sur le parc, l’esprit pâle de l’aube est entré. À sa vue les visages s’altèrent. Les petites lampes ont l’air de mourir.

Ô Violons ! est-ce le froid qui vous fait trembler ? Votre voix si pure s’enroue. Le son frise et crie et s’étire… Un archet qui grince ! une corde qui casse !

Les dernières danseuses blêmes s’échappent à la file, éteintes et désenlacées, celles qui toussent et celles qui songent, et celle qui regarde en arrière.

Le ciel rose est plein d’écharpes en fuite, de chevelures et de bras nus : aurore où monte le spectre d’un grand arbre noir, comme un éventail refermé.