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Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/161

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LE SOUVENIR DE MNASIDIKA


Elles dansaient l’une devant l’autre, d’un mouvement rapide et fuyant ; elles semblaient toujours vouloir s’enlacer, et pourtant ne se touchaient point, si ce n’est du bout des lèvres.


Quand elles tournaient le dos en dansant, elles se regardaient, la tête sur l’épaule, et la sueur brillait sous leurs bras levés, et leurs chevelures fines passaient devant leurs seins.


La langueur de leurs yeux, le feu de leurs joues, la gravité de leurs visages, étaient trois chansons ardentes. Elles se frôlaient furtivement, elles pliaient leurs corps sur les hanches.


Et tout à coup, elles sont tombées, pour achever à terre la danse molle… Souvenir de Mnasidika, c’est alors que tu m’apparus, et tout, hors ta chère image, me fut importun.