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Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/160

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L’ÉTRANGER


Étranger, ne va pas plus loin dans la ville. Tu ne trouveras ailleurs que chez moi des filles plus jeunes ni plus expertes. Je suis Sôstrata, célèbre au delà de la mer.


Vois celle-ci dont les yeux sont verts comme l’eau dans l’herbe. Tu n’en veux pas ? Voici d’autres yeux qui sont noirs comme la violette, et une chevelure de trois coudées.


J’ai mieux encore. Xanthô, ouvre ta cyclas. Étranger, ses seins sont durs comme le coing, touche-les. Et son beau ventre, tu le vois, porte les trois plis de Kypris.


Je l’ai achetée avec sa sœur, qui n’est pas d’âge à aimer encore, mais qui la seconde utilement. Par les deux déesses ! tu es de race noble. Phyllis et Xanthô, suivez le chevalier !