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Page:Louÿs - Œuvres complètes, éd. Slatkine Reprints, 1929 - 1931, tome 2.djvu/133

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LA DOMESTICITÉ


Quatre esclaves gardent ma maison : deux Thraces robustes à ma porte, un Sicilien à ma cuisine et une Phrygienne docile et muette pour le service de mon lit.


Les deux Thraces sont de beaux hommes. Ils ont un bâton à la main pour chasser les amants pauvres et un marteau pour clouer sur le mur les couronnes que l’on m’envoie.


Le Sicilien est un cuisinier rare ; je l’ai payé douze mines. Aucun autre ne sait comme lui, préparer des croquettes frites et des gâteaux de coquelicots.


La Phrygienne me baigne, me coiffe et m’épile. Elle dort le matin dans ma chambre et pendant trois nuits, chaque mois, elle me remplace près de mes amants.